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Paradis 9

Caractéristiques physiques

Autour de l'étoile blanc-bleu 84 Piscium gravitent un grand nombre de planètes, dont la quatrième est une géante gazeuse d'une taille 1,4 fois supérieure à Jupiter, mais beaucoup moins massive. Parmi les 54 satellites naturels de cette planète, l'astre qui nous intéresse est le neuvième par ordre d'éloignement : la lune Paradis 9.

D'un taux de gravité comparable à celui de la Terre, Paradis 9 est l'un des rares mondes à être parfaitement accueillants pour l'homme, sans nécessiter de terraformation ou de changement génétique pour les colons. L'atmosphère est parfaitement respirable, les températures sont idéales, les formes de vie indigènes ne sont pas agressives, les maladies locales peu nombreuses. Les ouragans constituent le principal danger, mais il est possible de connaître leur route à l'avance.

Même l'abondance de substances comestibles dans l'écosystème a fait dire à certains que ce monde est plus favorable à l'homme que la Terre des origines elle-même, et c'est pourquoi les premiers explorateurs ont appelé cette lune « Paradis ».

Par la suite, on s'est aperçu après le Recontact que d'autres planètes avaient été nommées « Paradis » en raison de leurs caractéristiques accueillantes, et celle-ci fut renommée selon son numéro dans le système planétaire, Paradis 9, afin d'éviter les confusions.

Paradis 9 est un monde-océan, recouvert par l'eau à plus de 99%, d'où n'émergent que des chapelets d'îles et d'atolls.

Les îles, regroupées essentiellement autour de l'équateur, présentent peu ou prou les mêmes biotopes : forêts d'arbres-alocasies dotés d'immenses feuilles, plaines de graminacées, mangroves, massifs coralliens. partout on trouve un végétal bulbeux, le moulne, dont la racine et la fleur sont comestibles. Le moulne possède assez peu de saveur, mais il est très nourrissant.

Sur les terres émergées, on ne trouvera pas d'animal plus grand qu'un oiseau, aucune forme de vie n'y constitue le moindre danger pour l'homme. L'océan immense, en revanche, abrite une multiplicité écologique extraordinaire, dont font partie des animaux gigantesques, et d'autres très dangereux, qui, heureusement, ne s'approchent jamais des côtes.

Histoire

L'histoire de Paradis 9 reste difficile à établir depuis le Recontact, et on ne sait pas précisément quelle ultranef y a amené les premiers colons, ni l'origine de ces derniers. Ceci en raison du manque d'archives écrites. En effet, les Bôzes, qui sont les habitants traditionnels de cette planète (descendant de ces premiers colons) ont un mode de vie matériellement réduit au strict minimum, et rares parmi eux sont ceux qui savent lire et écrire.

Encore aujourd'hui, la société Bôze est le sujet de nombreux fantasmes à travers l'univers connu, particulièrement en raison de leur mode de vie strictement nudiste qui ne manque pas de choquer les étrangers. Mais on aurait tort de croire que ce peuple passe pour autant son temps dans la concupiscence ; leur culture, unique en son genre, est très ambyvalente, mélange permanent d'hédonisme et d'austérité, d'égoïsme et de sens de sacrifice. Extrêmement religieux, ils considèrent le travail comme une chose impure : la vie d'un être humain, selon eux, doit se tourner le plus possible vers la méditation, la prière en groupe et la recherche d'une « Vérité » intérieure.

C'est la raison pour laquelle ils ne prennent guère le temps de cultiver leur nourriture, se nourrissant presque uniquement du moulne qui pousse partout et en abondance à l'état sauvage. La richesse calorique du moulne, et leur peu d'attrait pour l'exercice physique, font que les Bôzes ont une forte tendance à embonpoint. Ils ne possèdent presque rien et se content de leurs maisons, qui elles-mêmes sont souvent mal entretenues. Fatalistes, ils ne prennent pas non plus le temps d'apprendre un minimum de savoir-faire médical et abandonnent leurs blessés et leurs malades à des procédés de guérison ésotériques, généralement inefficaces.

Ces aspects négatifs leurs valent un certain mépris de la part des autres peuples qui les qualifient de « paresseux », voire de « clochards de la galaxie ». Ce mépris est souvent réciproque ; les Bôzes sont très attachés à leur terre, à leurs traditions et à leur croyance, et considèrent tout étranger avec une méfiance extrême. Le visiteur ne doit pas s'attendre à un accueil amical. Cependant, il faut se rappeler qu'il s'agit d'un peuple extrêmement pacifiste, qui n'a jamais connu de guerre en plusieurs siècles d'histoire (« parce que se battre est trop fatigant », diront les mauvaises langues). En outre, leur ferveur religieuse est telle qu'elle peut les amener à fournir des effort impressionnants au cours de leurs rites, pour lesquels ils peuvent faire preuve d'abnégation et de courage dans le passage d'épreuves symboliques. Enfin, contrairement aux plaisanteries grivoises qui courent sur leur compte, les Bôzes sont relativement stricts en matière de mours.

On ne sait pas vraiment comment la culture Bôze, assez homogène, s'est répandue sur des centaines d'îles sur Paradis 9, ni comment elle s'est formée. L'hypothèse communément admise est qu'ils sont les descendants de colons industrieux qui, en arrivant, ont perdu petit à petit tout goût pour l'effort et le travail, ces derniers étant devenus inutiles en raison de l'abondance du moulne, ainsi que de l'extrême douceur de la nature et du climat. Au fil du temps, les activités religieuses sont devenues la seule préoccupation capable de meubler leur ennui perpétuel.

Au cours du Recontact, la beauté de Paradis 9 a valu à la lune d'être placée sous un protectorat écologique, mis en place par la Commission : on y a déclaré une restriction technologique de niveau 5 : ce qui signifie que tout appareil à moteur y est interdit afin de ne pas polluer ni effrayer les animaux ; sont également prohibés une longue liste de produits d'origine industrielle. En outre, seuls les Bôzes sont autorisés à chasser la faune locale.

Par contre, comme d'importants territoires émergés étaient inhabités, il fut décidé que Paradis 9 devait générer un minimum de profit pour financer le maintien du Protectorat, ne serait-ce que par le tourisme. C'est pourquoi fut créée l'Enclave de Murakami, un territoire de deux millions de kilomètres carré constitué autour de l'île du même nom, la plus grande des terres émergées (80 000 km²). Au sein de l'Enclave, la restriction technologique est nettement moins sévère, autorisant les moteurs et l'industrie. C'est une destination privilégiée pour les touristes fortunés qui arrivent par le téléporteur, ainsi que pour quelques milliers de colons triés sur le volet, originaires de Di Yu, de Canopus et même de riches planètes des secteurs voisins comme Achernar ou Shangsei.

La création de l'Enclave fut, hélas pour la Commission, la source de querelles sans fin avec les Bôzes : même si leur mode de vie avait été protégé au même titre que l'écologie locale, ces derniers craignent en effet constamment que l'Enclave ne s'étende et que les touristes ne menacent leur art de vivre.

Aujourd'hui, si les Bôzes des îles reculées conservent soigneusement leur culture traditionnelle, ceux qui vivent à proximité de l'Enclave ont fait quelques concessions : sans sacrifier les fondements de leur identité, comme l'absence de vêtements et les prières régulières, ils tiennent des échoppes, ouvrent de petits restaurants à destination des touristes. Sans pour autant se départir de leur mauvaise humeur proverbiale à l'égard de ces derniers.

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